• Moins cuire les aliments pour mieux vieillir : une mesure simple contre la glycation des protéines

     20/03/2014
      
     
    Crédit photo : S. Toubon

    La glycation des protéines, impliquée dans le vieillissement, la cancérogenèse et le diabète, survient en cas de cuisson trop poussée des aliments. Or nos habitudes alimentaires nous conduisent à préférer des aliments grillés, « glyqués ». L’Académie de pharmacie met en garde contre la consommation de produits de la glycation, tel que l’acrylamide. La prévention est simple : privilégier le cru ou la cuisson à la vapeur, éviter les fritures…

    Les produits de glycation avancée (AGE, pour Advanced Glycation End products) résultent de la glycation non enzymatique des protéines, qui survient in vivo, notamment au cours du diabète, de l’insuffisance rénale et du vieillissement.

    Viandes rôties, boissons colorées à base de caramel, bière, whisky

    Chez le diabétique, les cliniciens connaissent par exemple l’hémoglobine glyquée, un produit (non toxique) de glycation parmi tant d’autres. Or, l’interaction entre les AGE et leurs récepteurs est impliquée dans la microangiopathie diabétique (1). Les AGE sont par ailleurs à l’origine de la formation de l’acrylamide, neurotoxique, cancérigène et génotoxique dans des modèles animaux. Il a été récemment montré un lien entre l’acrylamide et certains cancers colorectaux (2).

    Une glycation avancée peut également survenir lors de la cuisson des aliments. Or, nos goûts et nos habitudes alimentaires nous poussent vers les AGE (viandes rôties, desserts, boissons colorées à base de caramel, bière, whisky…) et ces produits sont bien connus des industriels de l’alimentation.

    De plus, l’acrylamide se forme naturellement lorsque l’on fait cuire au four, en friture ou au grill à plus de 180 degrés des aliments riches en glucides. Or, les AGE alimentaires pourraient être responsables de la maladie d’Alzheimer (3).

    Sur le plan de la prévention, les autorités de santé ont émis des recommandations pour réduire l’exposition à l’acrylamide. Ainsi aux États-Unis, diverses chaînes de restauration rapide affichent des avertissements sur la consommation des aliments qui en contiennent...

    Éviter la surchauffe

    En France, les recommandations de l’Académie de Pharmacie sont simples : chez les particuliers, éviter la « surchauffe » des aliments, préférer les fruits et légumes crus, cuits à la vapeur ou bouillis ; pour l’industrie alimentaire, promouvoir la cuisson douce évitant la carbonisation et limiter la formation de produits de glycation pour la préparation des laits et des produits pour les nourrissons ; pour les professionnels de santé, privilégier la stérilisation des solutés glucosés en évitant la formation de précurseurs de produits de glycation, plutôt que la stérilisation par la chaleur.

    L’information du public (classification des produits, étiquetage informatif, consensus international sur les techniques de dosage) est également souhaitée par l’Académie.

    Dr GÉRARD BOZET


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  • Le Syndicat national des médecins du sport - santé (SNMS) demande que la prescription d’une activité physique, dans despathologies définies, intègre la rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP). Le syndicat vient d’en faire la demande à la ministre de la Santé, au directeur de la Caisse nationale d’assurance-maladie et aux syndicats de médecins libéraux.

    « L’activité physique thérapeutique fait partie des traitements majeurs de très nombreuses pathologies, argumente le Dr Bruno Burel, président duSNMSCeci est démontré par de multiples études dans le traitement des diabètes de type 1 et 2, de l’hypertension artérielle, de l’obésité, de la bronchopneumopathie chronique obstructive, des lombalgies etrachialgies chroniques, de l’arthrose, de l’épilepsie, de la maladie deParkinson, de la maladie d’Alzheimer, des troubles de l’équilibre et du vieillissement... »

    Le Plan national nutrition santé actuellement en cours de déploiement consacre « 18 pages sur 80 au sport », explique Bruno Burel.

    Plus de sport, moins de médicaments

    Le syndicat estime que l’activité physique « devrait être une prescription première puisqu’elle permet dans tous les cas d’améliorer les autres traitements et souvent de diminuer les posologies médicamenteuses ».

    Pour le Dr Burel, les médecins du sport sont des « correspondants utiles » pour adapter au mieux la prescription de l’activité physique. « Ils ont un réseau de correspondants de professionnels du sport (kinés, éducateurs sportifs, médecins correspondants...) et pourraient amener les patients vers une activité physique régulière en déchargeant les confrères qui n’ont pas le temps de le faire ».


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  • L'hépatite C bientôt éradiquée ?

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    L'hépatite C se transmet par voie sanguine.

     

    2014 pourrait être une année charnière dans la lutte contre l'hépatite C. Les meilleurs spécialistes de cette maladie, qui touche environ 235 000 personnes en France, selon l'Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites (ANRS), sont réunis lundi 13 et mardi 14 janvier à Paris pour le 7e congrès sur les hépatites.

    Lors de ce sommet international, des médecins ont annoncé qu'ils pourraientdisposer, dès cette année, de traitements courts susceptibles de guérir la majorité des malades. Pour certains spécialistes, ces médicaments pourraient mêmepermettre de guérir définitivement près de 100 % des malades atteints d'hépatite C. Deux nouvelles molécules devraient obtenir une autorisation de mise sur le marché en 2014 et plus d'une quinzaine d'autres arrivent à la phase finale de leur développement.

    La France demeure un pays de relativement faible endémicité pour les hépatites B et C, responsables tout de même respectivement de 1 330 et 2 640 décès annuels. L’ANRS estime que dans le monde 350 millions de personnes vivent avec une hépatite chronique, dont quelque 150 millions sont atteintes d’une hépatite C chronique. Pour 50 à 90 % d’entre eux l’évolution de la maladie les conduira vers une cirrhose ou un cancer du foie.

    Les régions de plus forte prévalence sont l’Asie, l’Afrique sub-saharienne et l’Egypte, mais un peu partout les groupes marginalisés comme les usagers dedrogues injectables et la population carcérale présentent des taux d’infection par le virus de l'hépatite C (VHC) élevés. L’hépatite C est en effet principalement transmise par voie sanguine et faiblement par voie sexuelle. Là où la sécurité transfusionnelle et les politiques de réduction des risques ont été développées et grâce à des traitements plus efficaces, le nombre de cas annuels a diminué.

    IGNORANCE DE L'INFECTION

    L’un des problèmes majeurs touchant l’hépatite C est que bon nombre de personnes ignorent qu’elles sont infectées : en France, 41 % des porteurs du VHC n’ont pas connaissance de leur séropositivité. Evoquant une « épidémie silencieuse », car l’infection peut persister pendant des années sans symptômes, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) américains estiment que cette proportion atteint 75 % aux Etats-Unis et jusqu’à 90 % dans certaines régions de l’Union européenne.

    Les spécialistes de l’hépatite C ont donc souhaité que soient actualisées, en France comme dans d’autres pays, les recommandations en matière de prévention et que soit adoptée, à l’instar des Etats-Unis ou du Canada, la préconisation d’un dépistage systématique des hépatites B et C, dans le même esprit que celui du VIH. « Le dépistage systématique simultané des trois virus deviendrait alors plus facile à proposer pour les médecins et plus facile à accepterpour les malades », souligne le communiqué de la conférence de Paris sur les hépatites.

    Le professeur Dhumeaux doit rendre en mai au ministère de la santé un rapport sur la lutte contre les hépatites. Il devrait à cette occasion proposer un« élargissement raisonnable » du dépistage de l’hépatite C, afin ce concilier les besoins sanitaires et les dépenses de santé.

     UNE MALADIE VIRALE QU'ON PEUT GUÉRIR

    Eradiquer l’hépatite C est non seulement souhaitable, mais cela devient un objectif concevable. Il ne sera atteint qu’avec la combinaison de traitements des personnes atteintes et de prévention par un vaccin, qui n’est toujours pas mis au point. Or, la période actuelle est marquée par des progrès déterminants en matière de traitement, comme l’ont souligné les spécialistes réunis à Paris.

    « L’hépatite C est la seule maladie virale chronique que l’on peut guérir, car contrairement à ce qui se produit avec le virus de l’hépatite B ou le VIH, le génome viral ne s’intègre pas dans le génome de la personne infectée. C’est pour cela qu’il est possible de parler de guérison dans le cas de l’hépatite C », remarque le professeur Daniel Dhumeaux, qui a présidé le Comité national du plan de lutte contre les hépatites B et C de 2009 à 2012.

    Un traitement de référence combinant deux médicaments, l’interféron « pégylé » et la ribavirine, suivi pendant 24 semaines, permet d’obtenir généralement dans trois quarts des cas ce que les hépatologues appellent une « réponse virologique soutenue », autrement dit un VHC devenu indétectable dans le sang douze semaines après le traitement. Certains types de VHC sont cependant moins sensibles au traitement de référence.

    NOUVEAUX ANTIVIRAUX

    Plus récemment, des essais cliniques ont montré que de nouveaux agents baptisés « antiviraux à action directe », en combinaison avec d’autres molécules, permettent d’atteindre une efficacité supérieure (« de 90 % à 100 % », précise le professeur Dhumeaux) et sont mieux tolérés que l’association classique interféron-ribavirine, avec de plus une durée de traitement ramenée à douze semaines.

    Le 22 novembre, l’Agence européenne du médicament a recommandé l’autorisation du sofosbuvir, du laboratoire américain Gilead, dans le traitement de l’hépatite C chronique et la Food and Drug Administration américaine lui a donné son feu vert quelques jours plus tard, le 6 décembre. D’autres molécules, comme le simeprevir (laboratoire Janssen) sont également en attente de leur autorisation définitive de mise sur le marché. « En tout, plus d’une quinzaine de molécules vontarriver à la phase finale de leur développement », souligne un communiqué émanant de la Conférence de Paris sur les hépatites.

    Sous traitement, « on vit normalement, on travaille normalement », a expliqué le professeur Patrick Marcellin, hépatologue à l'hôpital Beaujon, contacté par Franceinfo.fr. L’année 2014 sera donc marquée par des possibilités d’alternative thérapeutique inédites. Encore faut-il pouvoir accéder à ces nouveaux traitements.

    L'OBSTACLE DU PRIX

    Dans les pays développés, le prix de vente d’un traitement complet par le sofosbuvir « devrait osciller entre 58 000 et 65 500 euros », s’inquiètent, dans un communiqué commun, des associations, parmi lesquelles Médecins du monde, Médecins sans frontières ou encore Act-Up Bâle. Elles soulignent qu’en 2014, « le sofosbuvir devrait générer des ventes à hauteur de 1,26 milliard d’euros pour Gilead. » « Un traitement complet contre l’hépatite C, incluant les nouveaux antiviraux, coûtera en moyenne de l’ordre de 100 000 euros, appuie le professeur Dhumeaux. Cela posera des problèmes dans les pays à ressources limitées. » Le phénomène de baisse drastique du prix des traitements contre le VIH-sida, sous la pression des médicaments génériques, est encore loin d’avoir affecté ceux contre l’hépatite C.

     


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