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    lequotidiendumedecin.frLe manque de temps n’est plus une excuse imparable au manque d’exercice physique. Selon une étude de l’université de l’Iowa menée chez plus de 55 000 adultes suivis pendant 15 ans, âgés en moyenne de 44 ans, courir 5 à 10 minutes par jour suffit à réduire de manière importante les risques de maladies cardiovasculaires et de mortalité prématurée. Les auteurs n’ont pas constaté en effet de différences significatives entre ceux qui courent peu (50 minutes par semaine) et ceux qui courent beaucoup (180 minutes par semaine), ni entre ceux qui courent vite ou lentement (moins de 10 km/heure).

    Les personnes qui courent ont 30 % de risque en moins de mort prématurée et 45 % de risque en moins de décéder d’une maladie cardiovasculaire par rapport aux personnes inactives. L’espérance de vie du coureur serait en moyenne de trois ans supérieure à celle d’une personne qui ne court pas. Et enfin, mieux vaut courir peu que marcher beaucoup, puisqu’une course de 5 minutes est aussi bénéfique qu’une marche de 15 minutes.

    Dr I. D.

    Journal of the American College of Cardiology, publié le 28 juillet 2014

     

     

     


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  • Des conseils et de la réassurance, le traitement de première ligne des lombalgies communes pourrait relever davantage de l’accompagnement médical que du soin pharmacologique. C’est ce que suggère l’étude australienne PACE (en anglais pour Paracétamol for Low-Back Pain Study) publiée dans le « Lancet » chez 1 652 sujets venus consulter pour lombalgies. Que les sujets aient pris du paracétamol en systématique (dose équivalant à 3 990 mg/jour), à la demande (dose maximum de 4 000 mg/jour) ou un placebo, le temps de récupération totale, l’absence de douleur étant définie par un score de 0 ou 1 sur une échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 à 10, était de 16-17 jours, 17 jours dans chacun des 2 groupes avec paracétamol et 16 jours dans le groupe placebo. Pour l’intensité de la douleur, le handicap, le score fonctionnel, le sommeil et la qualité de vie, le paracétamol n’a pas fait mieux non plus que le placebo. Il était demandé aux 235 centres recruteurs à Sydney (dont 181 médecins généralistes) de donner des conseils à chacun des patients inclus.

    Un profil de tolérance inégalé

    L’étude PACE dirigée par le Dr Christopher Williams remet en question une recommandation universelle « qui n’a pas fait l’objet de débat ni d’études depuis très longtemps », selon l’éditorial signé par deux médecins généralistes de l’université de Rotterdam. Et si cet antalgique a la faveur de tous, il ne la doit pas à son niveau de preuve d’efficacité, qui est assez faible, mais à son bon profil de tolérance, bien meilleur que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui sont à peine plus efficaces.

    Faut-il alors abandonner le paracétamol ? Ce n’est pas la position des auteurs. D’abord, parce que l’on ne dispose pas d’alternative médicamenteuse aussi sûre. Ensuite, parce qu’il faudrait pourvoir disposer de preuves plus robustes avant de changer les recommandations. Les médecins australiens reconnaissent quelques limites à l’étude PACE, la principale étant que la prise totale médiane de seulement 2 660 mg/jour n’était pas optimale. Dans le groupe paracétamol systématique en particulier, la dose a chuté de 3 500 mg/jour la première semaine à 2 800 mg la seconde. Peut-être qu’une pleine dose aurait fait mieux. Ce défaut d’observance amène à penser que le dosage pourrait être plus pratique et que la stratégie intensifiée. Si l’impact de l’accompagnement mérite d’être évalué à part entière, cet aspect de la prise en charge peut d’ores et déjà être relancé et encouragé.

    Dr Irène Drogou

    The Lancet, publié en ligne le 24 juillet 2014


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  • Une activité physique modérée et régulière réduit le risque d’accident des personnes âgées vulnérables

    Mêmes les personnes âgées ayant un risque de handicap important, défini par un score de fragilité inférieur à neuf sur l’échelle SPPB qui compte 12 barreaux, une activité physique régulière et encadré améliore la mobilité sans augmenter le risque d’accident. C’est ce que montre l’étude multicentrique LIFE (Lifestyle interventions and independance for Elders), au cours de laquelle ont été suivis plus de 1 600 patients pendant plus de deux ans et demi, et dont les résultats sont parus mercredi sur le site du « JAMA », signés par Marco Pahor de l’université de Floride à Gainesville et ses collègues.

    Aérobic, marche à pied, assouplissements

    En dépit de leur fragilité, tous les patients de l’étude étaient capables à l’inclusion de marcher pendant 400 m sans aide. Alors que 818 de ces personnes âgées pratiquaient une activité physique deux fois par semaine dans un centre spécialisé et trois à quatre fois par semaine chez eux, les 817 autres participaient à un programme d’éducation thérapeutique comprenant des ateliers sur la santé des seniors et des exercices d’étirement des membres supérieurs. Les activités physiques comprenaient de l’aérobic et des exercices pour renforcer l’endurance et la souplesse.

    Plus de mobilité, mais pas moins d’hospitalisations

    Au bout de deux ans et demi, 30 % des membres du groupe pratiquant une activité physique n’étaient plus capables de parcourir 400 m à pied sans aide et en moins de 15 minutes contre 35,55 % du groupe contrôle, soit une différence statistiquement significative. Sur le plus long terme, 19,8 % des patients du groupe contrôle échouaient à ce test de façon permanente, contre 14,7 % des patients du groupe activité physique. En revanche, il n’y avait pas de différence significative en ce qui concerne le risque d’événements nécessitant une hospitalisation dans les deux groupes. Ces derniers survenaient chez un peu moins de la moitié des participants. « Un programme d’activité modéré semble présenter un intérêt pour réduire le risque de handicap chez les patients âgés vulnérables », concluent les auteurs.

    Damien Coulomb


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  • Il n’est jamais trop tard pour agir. L’activité physique retarde la perte d’autonomie chez les sujets âgés, y compris les plus vulnérables. La conclusion de l’étude randomisée LIFE (Lifestyle Interventions and Independance for Elders) menée chez 1635 sujets sédentaires âgés de 70 à 89 ans semble enfoncer des portes ouvertes, mais de tels résultats ne sont pas obtenus sans effort.

    Le programme testé était structuré et exigeant, puisqu’il comprenait 150 minutes de marche/semaine et des exercices de gymnastique (renforcement musculaire, souplesse, maintien postural), à la fois à domicile (3 à 4 fois/semaine) et en salle (2 fois/semaine).

    Le seuil des 400 mètres

    Les participants étaient tous sédentaires et à risque élevé de glisser vers la dépendance (score Short Physical Performance Battery) mais encore capables de marcher 400 mètres d’affilée.

    « Même si 400 mètres peut sonner comme un chiffre arbitraire, c’est une limite importante pour les sujets les plus âgés, expliquent l’équipe dirigée par Marco Pahor, université de Floride. Quatre cents mètres, c’est un tour de stade, ou la distance du parking au supermarché ou encore 2 ou 3 pâtés de maison alentours. C’est une distance importante pour maintenir une vie indépendante».

    Un effet réel mais exigeant

    Au bout de 2,6 ans de mise en œuvre, un programme très structuré d’activité physique s’est soldé par l’apparition d’un handicap moteur chez 246 participants (30,1 %) par rapport à 290 (35,5 %) dans le groupe éducation à la santé (ne comportant pas de volet sur le sport). Un handicap chronique (c’est-à-dire présent lors de 2 examens médicaux ou suivi du décès) a été constaté chez 14,7 % du groupe activité physique par rapport à 19,8 % du groupe éducation thérapeutique seule.

    Pour les auteurs, ces résultats suggèrent « qu’une activité physique structurée est un moyen efficace et réaliste pour limiter le handicap chez les sujets âgés fragiles et malgré le déclin fonctionnel lié à l’âge». Il reste à obtenir et à garder l’adhésion et la motivation des sujets sur le long cours. De plus, des points restent à préciser, car il y a eu davantage d’hospitalisations dans le groupe sportif. Si ce phénomène peut s’expliquer par un meilleur repérage, il faudrait s’assurer que ce ne soit pas en rapport avec une augmentation des accidents cardiaques ou d’autres pathologies.

    Dr I.D


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