• Le paracétamol ne fait pas mieux que le placebo dans les lombalgies

    Des conseils et de la réassurance, le traitement de première ligne des lombalgies communes pourrait relever davantage de l’accompagnement médical que du soin pharmacologique. C’est ce que suggère l’étude australienne PACE (en anglais pour Paracétamol for Low-Back Pain Study) publiée dans le « Lancet » chez 1 652 sujets venus consulter pour lombalgies. Que les sujets aient pris du paracétamol en systématique (dose équivalant à 3 990 mg/jour), à la demande (dose maximum de 4 000 mg/jour) ou un placebo, le temps de récupération totale, l’absence de douleur étant définie par un score de 0 ou 1 sur une échelle visuelle analogique (EVA) allant de 0 à 10, était de 16-17 jours, 17 jours dans chacun des 2 groupes avec paracétamol et 16 jours dans le groupe placebo. Pour l’intensité de la douleur, le handicap, le score fonctionnel, le sommeil et la qualité de vie, le paracétamol n’a pas fait mieux non plus que le placebo. Il était demandé aux 235 centres recruteurs à Sydney (dont 181 médecins généralistes) de donner des conseils à chacun des patients inclus.

    Un profil de tolérance inégalé

    L’étude PACE dirigée par le Dr Christopher Williams remet en question une recommandation universelle « qui n’a pas fait l’objet de débat ni d’études depuis très longtemps », selon l’éditorial signé par deux médecins généralistes de l’université de Rotterdam. Et si cet antalgique a la faveur de tous, il ne la doit pas à son niveau de preuve d’efficacité, qui est assez faible, mais à son bon profil de tolérance, bien meilleur que les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui sont à peine plus efficaces.

    Faut-il alors abandonner le paracétamol ? Ce n’est pas la position des auteurs. D’abord, parce que l’on ne dispose pas d’alternative médicamenteuse aussi sûre. Ensuite, parce qu’il faudrait pourvoir disposer de preuves plus robustes avant de changer les recommandations. Les médecins australiens reconnaissent quelques limites à l’étude PACE, la principale étant que la prise totale médiane de seulement 2 660 mg/jour n’était pas optimale. Dans le groupe paracétamol systématique en particulier, la dose a chuté de 3 500 mg/jour la première semaine à 2 800 mg la seconde. Peut-être qu’une pleine dose aurait fait mieux. Ce défaut d’observance amène à penser que le dosage pourrait être plus pratique et que la stratégie intensifiée. Si l’impact de l’accompagnement mérite d’être évalué à part entière, cet aspect de la prise en charge peut d’ores et déjà être relancé et encouragé.

    Dr Irène Drogou

    The Lancet, publié en ligne le 24 juillet 2014


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